Création à partir d’un arbre brut #1 Conception de la silhouette d’un genévrier de Chine — Création de jin et shari

Maître : Fune Itinéraire vers l’exposition

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À partir d'un matériau brut de genévrier de Chine, donner une première forme. La coupe des branches sacrificielles, la création des jin, le choix de la face — dans cette suite de gestes, s'enchaînent des décisions irréversibles. C'est parce que l'on sait qu'il n'y a pas une seule réponse que le temps passé face à l'arbre gagne en profondeur.

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Jin & Shari Shimpaku Hiver

Faire face à un matériau qui n'est encore rien

Le genévrier de Chine posé sur le pot n'est pas encore une « œuvre ». Les branches subsistent, la face n'est pas définie — le travail commence dans cet état où personne ne sait quelle forme prendra cet arbre.

« Ce qui a été raccourci ne peut être défait. » — Cette seule phrase est le préalable de tout ce travail. Parce que chaque geste est irréversible, on commence avec de la marge. La précipitation réduit le potentiel du matériau.

Lire le mouvement de l'arbre

Avant de créer un jin, la première chose à vérifier est le trajet des veines de sève. Le genévrier de Chine pousse en se tordant. Achever le jin en protégeant les deux veines de sève le long de ce mouvement — c'est ce qui lui donne un aspect naturel, et c'est aussi ce qui permet à l'arbre de vivre longtemps.

En reliant le jin au shari du tronc, les traces du « fait par l'homme » s'effacent peu à peu. Que le jin paraisse abrupt ou qu'il semble prolonger le mouvement naturel du tronc — c'est cette différence qui détermine le naturel de l'œuvre.

La face, c'est à soi de la choisir

Face aux deux options, on prend le temps d'observer sous différents angles, encore et encore. La ligne techniquement « juste » finit par apparaître d'elle-même. Pourtant, le choix de ne pas la retenir reste toujours possible.

« On pourrait opter pour une finition simple. Mais cette fois, je veux relever le défi en exploitant le mouvement de ce tronc. »

Vers la face qui tire parti du mouvement singulier du tronc, montant de l'arrière vers l'avant. C'est parce que l'on sait qu'il n'y a pas une seule réponse que l'on peut choisir avec ses propres yeux. Si le tronc semble parallèle, on l'incline pour créer du mouvement. Le choix de la face est la première question qui détermine l'expression future de cet arbre.

Se défaire du superflu

Pour resserrer la silhouette, la quasi-totalité des branches supérieures a été transformée en jin. Le geste semble audacieux, mais le raisonnement est simple : les branches poussent — le volume pourra être ajusté plus tard. Se défaire du superflu aujourd'hui, c'est préparer la beauté de demain.

Le shari à la base du tronc n'a pas été créé ce jour-là. C'est l'accumulation patiente, élargie peu à peu au fil de la croissance de l'arbre, qui fait la valeur du matériau d'aujourd'hui. Le travail d'aujourd'hui, lui aussi, prendra sa valeur dans quelques années.

Avec les quatre fines branches restantes, la silhouette de cet arbre va se construire. Quelle forme prendra-t-il ? Personne ne le sait encore. C'est dans ce « pas encore » que réside, je crois, tout le plaisir de se confronter au matériau.

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