Bonsaï sur pierre #6 Présentation

Maître : Fune Harmonie avec les matériaux naturels

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Comment présenter un style sur roche achevé ? On étale du sable à grains fins dans un plateau de présentation en cuivre, on lit le « mouvement » de la pierre pour décider de l'emplacement — la finesse des grains, la façon de répartir l'espace : chacun de ces choix insuffle, sur la petite scène qu'est le plateau de présentation, un paysage naturel tout en retenue.

Fune
Bonsaï sur roche Exposition Shimpaku automne

Présenter, c'est prolonger la création

On a planté un arbre sur la roche. Les racines enlacent la pierre, une petite scène de nature a pris forme. Mais ce n'est pas encore la fin.

On saisit le style sur roche achevé, on le pose sur le plateau de présentation — à cet instant précis, un autre regard devient nécessaire, distinct de celui de la création. Comment le montrer ? Où le placer ? Créer et présenter forment un seul chemin continu ; on pourrait même dire que sans maîtriser la présentation, le style sur roche n'est pas vraiment achevé.

La finesse du sable détermine la distinction de la mise en scène

On étale du sable dans un plateau de présentation en cuivre. L'opération semble simple, mais la finesse des grains influe profondément sur l'élégance de l'ensemble.

Un sable grossier ne convient pas. Le sable à grains fins utilisé dans l'univers des pierres d'admiration — c'est lui que l'on choisit aussi pour l'exposition du style sur roche. La finesse du grain et sa teinte légèrement brune créent un contraste avec la pierre, faisant surgir l'œuvre comme une « réduction de la nature ». Un seul matériau posé là change la lecture de toute la présentation. Ce petit choix se répercute directement sur la tenue de l'ensemble.

Pourquoi ne pas placer au centre

On ne pose pas le style sur roche au milieu du plateau de présentation. Pour une composition dont le mouvement part vers la gauche, on ménage un grand espace à gauche et l'on resserre à droite.

Ce décentrage n'est pas qu'une affaire de sensibilité esthétique. En laissant un vide dans la direction où le mouvement se dirige, le regard et l'imagination du spectateur s'y prolongent naturellement. L'œuvre ne se referme pas sur elle-même dans le plateau — elle s'ouvre vers l'espace. La pensée du ma, l'intervalle, coule silencieusement au fond de cette disposition.

Lire le « mouvement » de la pierre, puis répartir l'espace en conséquence. Cet enchaînement de décisions insuffle, sur la petite scène qu'est le plateau de présentation, le souffle d'une grande nature.

Créer et montrer ne font qu'un

Sans maîtriser la présentation, le style sur roche n'est pas vraiment achevé.

Faire ramper les racines sur la pierre, affiner la silhouette, façonner l'œuvre patiemment au fil du temps — c'est « la présentation » qui décide de la façon dont tout cela se donne finalement à voir. Le choix du sable, le décentrage, la mise en accord avec le plateau de présentation : ces gestes ne sont pas des ajouts décoratifs après coup, ils existent comme le prolongement de la création.

Au moment où l'on pose le style sur roche dans le plateau de présentation, un petit paysage naît au cœur de la pierre. Et ce paysage se déploie silencieusement vers l'espace. Ce qui achève l'œuvre, c'est peut-être, en dernier lieu, le « regard » que l'on pose sur elle.

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