Présentation des bonsaïs (exposition en 3 points)

Maître : Fune Représentation spatiale

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Nous composons une Présentation à trois éléments avec un Genévrier de Chine en style semi-cascade comme arbre principal, accompagné d'un Érable, d'une plante d'accent et d'un rouleau. Du choix du support de présentation haut, du support sculpté en racine et du plateau plat de présentation jusqu'à la composition en triangle inégal et aux ajustements fins de la position du rouleau. En finition, on applique la bouillie sulfocalcique sur le Bois mort blanchi du Genévrier de Chine pour en harmoniser la tonalité au sein de la présentation.

Fune
Exposition Érable trident Shimpaku automne Hiver

Présenter, c'est insuffler la vie dans un espace

Un tatami. C'est la scène de la présentation. Dans cet espace limité, on dispose l'arbre principal, la plante d'accompagnement, la plante d'accent et le rouleau. Chacun a été cultivé séparément, choisi, puis réuni ici. Mais la présentation n'est accomplie que lorsqu'ils forment « un seul monde ».

On pose provisoirement le Genévrier de Chine en style semi-cascade pour vérifier la direction du mouvement. On approche l'Érable comme plante d'accompagnement pour voir le rythme des hauteurs. On choisit le support sculpté en racine, on choisit le plateau plat de présentation, on assemble, on sépare. Ce travail n'a pas de point d'arrivée où l'on pourrait dire « c'est fini ». L'ensemble est-il aéré ? Manque-t-il d'espace ? Le rythme des hauteurs est-il vivant ? — Ce que l'on interroge, c'est l'atmosphère qui se donne à voir.

Le principe est la structure, le ressenti en fait la chair

Il existe un principe de composition : le triangle inégal. On dispose l'arbre principal, la plante d'accompagnement et la plante d'accent de manière à ce que leurs différences de hauteur dessinent un triangle. C'est une structure solide. Mais si le rouleau a été légèrement décalé du centre, c'est pour cette raison : « L'harmonie m'est apparue ainsi. »

Ne pas « appliquer » le principe, mais le « ressentir ». Tant que le savoir reste à l'extérieur de soi, il n'est qu'une contrainte. C'est seulement lorsqu'il s'est imprégné en nous au point de disparaître que l'on peut agir par le ressenti.

Préparer l'arbre comme partie intégrante de la présentation

Avant l'exposition, on applique la bouillie sulfocalcique sur le Bois mort blanchi du Genévrier de Chine. On restitue la blancheur aux parties qui avaient bruni, pour que la tonalité de l'arbre ne détonne pas au sein de la présentation. Ce n'est pas une réparation. C'est l'acte de préparer l'arbre en tant que « partie intégrante de la présentation ».

L'arbre principal n'a pas à être beau seul. Il y a la plante d'accompagnement, la plante d'accent, le rouleau au fond de la pièce — c'est au sein de cet espace tout entier qu'il rayonne. En renonçant à sa propre complétude, il devient enfin présentation.

Le vide laisse respirer la présentation

La plante d'accent est rapprochée du côté de l'arbre principal, laissant l'espace libre au centre. On choisit une table de présentation dont la largeur offre de la respiration une fois le bonsaï posé. La composition d'une présentation réside moins dans ce que l'on pose que dans « ce que l'on ne pose pas ».

Une présentation trop chargée ne laisse pas respirer celui qui la regarde. Quelle part de silence peut-on préserver sur le tatami ? — C'est la question muette que pose celui qui présente. Face à la scène de l'exposition, l'arbre, les accessoires et l'espace se questionnent mutuellement. Comment y répondrez-vous ?

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