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Nous suivons le parcours du ligaturage de l'ensemble des branches d'un pin, jusqu'à l'ordonnancement du plateau de feuillage. Le premier tour d'assemblage, le pas de 45 degrés, la sélection des branches — chacun de ces gestes que l'on appelle fondamentaux décide de l'expression finale de l'arbre. Décider du sommet d'abord, puis déployer en suivant le contour — connaître cet ordre, c'est voir les branches les plus emmêlées commencer à s'ordonner.
Le ligaturage a un point de départ. Ce premier tour qui « unit » deux branches — s'il y a le moindre espace, le fil se détendra sur toute la suite. Peu importe le soin apporté au reste, si le début est trop lâche, les branches ne bougeront pas.
L'essence d'une technique réside souvent à son entrée. Le point de départ influence tout ce qui vient après. Le ligaturage du pin nous le rappelle doucement.
Lorsqu'on enroule la spirale, le pas de 45 degrés porte deux significations. La beauté du regard, et l'efficacité du fil. Un angle trop couché laisse la force s'échapper ; trop dressé, il devient disgracieux. C'est exactement entre les deux que beauté et fonction se rejoignent tranquillement.
Ce qui est beau a toujours une raison mécanique. Sans plier les aiguilles, sans les enrouler, en les écartant du bout des doigts au fil de l'avancée — chaque geste devient à lui seul l'expression finale du plateau de feuillage.
Trois, quatre branches issues d'un même point — on les éclaircit sans hésiter. C'est la règle pour composer un beau plateau de feuillage. Mais ce n'est pas qu'une règle.
En retirant le superflu, les branches restantes commencent enfin à rayonner. C'est le choix de ce que l'on garde qui décide du sens de ce qui demeure. Au moment où la troisième branche disparaît, les deux qui restent commencent à parler. Dans le travail du ligaturage se cache une pensée de la soustraction.
« Décider du sommet en premier, puis déployer à partir de là » — cet ordre simplifie ce qui semblait être un enchevêtrement de branches. Celui qui porte déjà la silhouette entière dans son esprit voit naturellement quelles branches conserver. De même que, sans savoir où l'on va, on ne peut pas savoir ce qu'il faut laisser aller.
On pose le fil même sur les branches les plus fines. C'est précisément parce que c'est difficile que c'est formateur. À mesure que les doigts s'accoutument à la finesse des branches de pin, c'est l'arbre qui devient maître — ce renversement-là, peut-être, est au cœur du ligaturage.
Le chemin « Maître : Fune » commence par l'inscription.
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